Cette communauté est dirigée par un collège le JYPA qui prend toutes les grandes décisions. Cette communauté est totalement apolitiques et indépendante des religions (3 ici : Bahai, catholique et évangélique) ce qui entraine une plus grande difficulté à obtenir des subventions, mais leur permet de conserver leurs valeurs (placardées dans tout le village).
Ils font preuve d’une grande ouverture vers les autres, incitant certains de leurs membres à voyager (dans le pays et à l’étranger) ou en recevant des étrangers comme nous pour échanger et améliorer sans cesse leur fonctionnement.
Pour arriver à destination, nous traversons un paysage très sec de pampas à peine égayé à la fin par de grandes plantations d’eucalyptus.
A Tarabuco, village très calme, ce qui contraste des dimanches où le marché traditionnel très connu attire de nombreux touristes, nous prenons une piste vers Puka-Puka.
La route est en cours de rénovation, ce qui fait que nous devons abandonner Lino à 15 minutes à pied du village. La première personne que nous croisons n’est autre qu’un frère de notre hôte Casto, et la 2nde son père… de là à penser que ce village est uniquement peuplé de la famille Limachi, il n’y a qu’un pas !
Nous entrons donc à pied à Puka-Puka.
Nous retrouvons Casto près de l’école dans une petite maison qui sert manifestement de salle informatique, bibliothèque, salle de réunion et accessoirement d’hébergement (c’est là que nous dormirons).
Nous installons nos affaires et partons avec Casto en direction de sa maison pour déjeuner. Après une petite marche, nous faisons la connaissance de sa petite famille (au sens propre et figuré) : Julia son épouse adorable et prévenante, Munihire sa fille aînée de 11 ans et de ses 2 garçons – Luis 5 ans et Eduar 3 ans.
Les 2 garçons deviennent immédiatement et malgré la barrière de la langue et les différences culturelles les copains de Maé, et c’est à peine si nous les voyons pendant le déjeuner. Au menu, soupe de légumes suivi de pommes de terre et riz (ce sera assez similaire pour tous les repas d’ailleurs). Après déjeuner, Casto s’éclipse et nous en profitons pour découvrir grâce à Julia leurs tenues traditionnelles (que nous essayerons !) ainsi que leurs conditions de vie très dures, et très décalées en termes de confort avec les nôtres. Leur maison est assez grande mais ne dispose de l’électricité que depuis 1 an, ne dispose ni d’eau courante, ni de salle de bains, ni de toilettes, ni de chauffage, ni de frigidaire, lave linge ou autre lave-vaisselle (Julia ne semblait même jamais avoir entendu parler de ce type d’équipement) ou autres appareils électriques, bien entendu pas de téléphone fixe et la télé ne sert qu’à lire des DVD (pas de signal). Peu de meubles, pas de décoration ou presque. Bref, le décalage est très fort !
Nous partons retrouver Casto qui nous invite à participer au pied levé à une réunion interculturelle d’étudiants venus avec leurs professeurs de toutes les régions du pays et qui ont tous en commun d’appartenir à des peuples indigènes différents. Chacun –nous y compris - se présentera dans sa langue puis en espagnol, et viendront ensuite de longues palabres sur les conditions de chaque peuple. Comme souvent en Amérique du Sud, tout se terminera par un match de foot « interculturel » !
Nous repartons en direction de la maison de Casto pour le dîner (soupe de légumes et quinoa, pommes de terre…), et tout le monde étant fatigué, nous rentrons à notre « chambre » à la lumière de la frontale.
C’est dans la salle de bain « nature » que nous ferons notre toilette du soir puis nous installons notre campement dans la pièce (le bureau d’une assoc) qui nous est réservée : 3 matelas dans 10 m² au sol et 13 couvertures, heureusement que nous avions nos draps de soie… Bolivian expérience !
Alors que des étudiants continuent à travailler dans la salle à côté, nous enfilons nos pyjamas « techniques » longs en prévision du froid, et pour nous remettre de ce choc culturel nous nous offrons un peu de culture française avec 1/2h de vidéo du spectacle de Gad Elmaleh ! On s’est marré comme des fous !
Contrairement à ce que nous pensions, la nuit ne sera pas trop mauvaise (Yanque était bien pire…), nous remontons petit-déjeuner chez Casto. Au menu : de l’eau chaude, des céréales locales, une bouillie d’œufs avec des légumes et du pain plus très frais… Heureusement que nous avions pensé au lait et aux Chocapic !
Nous entreprenons dans la foulée la visite détaillée de l’école - pour laquelle Enfances du Monde finance une nouvelle salle de classe - avec deux enseignantes, avant de nous séparer en 2 groupes : Béné, Célia et Maé à la maternelle, Patou et Fanny à l’interview de 3 jeunes de 13 ans.
Les 3 filles mettent la classe unique de maternelle en ébullition en projetant notre film sur les animaux d’Afrique (Béné devra faire plusieurs séances pour satisfaire tout le monde) puis en sortant les ballons à sculpter. De l’autre côté, l’interview des 3 jeunes de 13 ans en costumes traditionnels est intéressante car elle permet de mettre en relief les différences très importantes de culture entre ce que nous vivons et ce que vivent ces enfants (film à venir dans le cadre du projet « 2 Milliards d’Enfants ») malgré la grande timidité des enfants (ce ne sera d’ailleurs rien à côté de leurs aînés de 18 - 22 ans qui nous parlerons de certains de leurs projets en chuchotant juste après…).
Nous repartons déjeuner chez Casto (avec bien entendu : soupe & pomme de terres !), et après le repas Casto sort son charango (petite guitare traditionnelle) et nous improvise avec ses 2 fils en tenue traditionnelle un petit concert. Nous en profitons pour faire une séance photo complète (portraits, photos de famille et avec nos 2 familles) et sortir la Pogo dont la magie opère toujours.
Nous terminons cette journée à Puka-Puka par une invitation à une séance extraordinaire du grand conseil du JYPA (en Quechua traduite en espagnol par Casto) qui nous interroge pour tout savoir sur nous, notre voyage, les raisons de notre présence à Puka-Puka, ce que nous avons vu, ce qu’ils pourraient améliorer… Toute cette réunion se tient dans le bâtiment à tout faire, dans la pénombre, avec force mastication de coca.
Déjà nous voyons arriver la voiture de Lino qui doit nous ramener à Sucre. Les adieux avec Casto et Julia sont émouvants (ils nous offrent même un tissu où chaque membre de leur famille est représenté) et après les avoir chaleureusement remerciés de leur accueil, nous nous promettons de garder le contact par mail.
Retour sans histoire à Sucre, où nous sommes malgré tout contents de retrouver le confort de notre hôtel et où nous accédons à la demande pressante des filles de retourner à la « pizzeria au trampoline » pour un diner qui est plus proche de nos habitudes que celles de nos hôtes de Puka-Puka.
Après une bonne nuit dans un vrai lit, nous voici requinqués. La matinée passe vite avec Skype, Facebook et autres MSN ainsi que le bouclage de nos 100 kgs de bagages : on devient assez bons à ce jeu là à force !. Nous aurons une dernière fois la possibilité de tester la qualité de service quasi irréprochable du personnel de l’Hostal Su Merced qui dans son ensemble remuera ciel et terre pour retrouver une paire de chaussettes de Patou égarée par la laverie. Et chapeaux bas, car ils réussiront !
Dernier déjeuner sur laterrasse ensoleillée de l’hôtel avant de rejoindre le terminal de bus pour embarquer avec Trans Emperador pour 3h de trajet vers Potosi.
Le trajet sera couleur locale et plutôt pittoresque car outre de jolis paysages désertiques nous aurons droit à diverses péripéties : le vendeur de bonbons du départ comme dans le métro qui descend à la sortie de la ville, la vendeuse ambulante qui monte à un arrêt mais que le chauffeur ne veut plus laisser redescendre, un pneu crevé (routine pour les chauffeurs à priori) et la rencontre d’une maman et de son bébé d’1 an ½avec lequel Maé jouera et pour qui nous sortirons les ballons et la Pogo dans le bus.
Et c’est ainsi que nous arrivons de nuit à Potosi sans avoir vu le temps passer.
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